La 26e Coupe d'Afrique des Nations s'est achevée dimanche à Accra avec comme lauréat la sélection égyptienne. Beaucoup d'enseignements sont à tirer de ce tournoi, qui a tenu en haleine pendant une vingtaine des joueurs les amateurs du football africain.
Pour la seconde fois consécutive, et pour la sixième fois de son histoire, l'Egypte a été sacrée hier meilleure nation de son continent. Euphoriques tout au long de la compétition, les Pharaons se sont hissés en toute logique sur le toit de leur continent. Beaucoup d'équipes ont cru détenir la panacée dans l'espoir de finir champion en débarquant au Ghana, mais au final, tous les prétendus favoris ont fini par chuter, laissant les plus méritants soulever le trophée si convoité. La bande à Shehata n'a cependant pas été la seule à marquer de son empreinte ce tournoi. D'autres joueurs l'ont également fait, à l'image de Samuel Eto'o, devenu meilleur buteur de l'histoire de la compétition, de l'Angolais Manucho ou du Ghanéen Mickael Essien. En outre, ce qui est à retenir de cette Coupe d'Afrique des Nations, c'est le jeu tourné vers l'offensive pour lequel la plupart des sélections engagées ont penché. Un état de faits qui fut profitable au spectacle. En revanche, en guise de bémol, il est utile de souligner l'organisation très moyenne, qui a nuit au bon déroulement du tournoi.
Le champion : L'Egypte
Difficile d'imaginer une sélection nationale, excellant dans le domaine technique, physique et en même temps moral. Mais n'en déplaise à certains, l'Egypte, sur qui pourtant peu du monde pariait avant l'entame de la grand-messe africaine, en dépit de son statut de tenant de titre, reflète de la parfaite des manière le profil en question. En six matches, Aboutrika et compagnie ont fait étalage de toute leur classe et aucun adversaire n'a été en mesure de leur résister. Le Cameroun s'y est même prix à deux fois, mais sans succès. Avec une discipline tactique des plus séduisantes, un collectif parfaitement homogènes et des individualités qui sur le plan technique n'ont pas grand-chose à envier aux stars du football européen, les Pharaons ont logiquement imposé leur loi. Déjà vainqueurs il y a deux ans sur leurs terres, ils ont une nouvelle fois triomphé, se payant même le luxe d'humilier la Cote d'Ivoire (4-1), l'un des principaux prétendants au sacre. S'ils continuent sur cette voie, en 2010, ils seront les premiers candidats à leur propre succession, et peut-être les véritables porteurs d'espoir du continent noir à l'occasion de la Coupe du Monde en Afrique du Sud.
Le meilleur joueur : Mohammed Aboutrika
Voilà un titre qui n'est jamais décerné, sans qu'un long débat lui soit préalable. Toutefois, et au risque de créer une polémique, l'on a décidé de ne retenir qu'un nom, parmi tous ceux qui ont brillé durant cette CAN. En toute logique, c'est un Egyptien qui est mis en avant, en la personne de Mohammed Aboutrika, le buteur de la finale. Surnommé « le Magicien » dans son pays, ce grand milieu offensif a impressionné de part son dynamisme et un style hors norme. Une véritable vague à l'âme qui a désarçonné les défenseurs les plus aventureux. Même s'il n'a pas toujours été titulaire, l'on se demande si les Egyptiens auraient été sacrés sans lui. Rien n'est moins sur.
La déception chez les joueurs : John Obi-Mikel
Désigné comme le grand successeur de Jay-Jay Okocha, le milieu de terrain de Chelsea ne s'est absolument pas montré à la hauteur des attentes qu'il générait. Hormis un but inscrit à Benin, en phase de poules, Obi Mikel n'a rien apporté aux Super Eagles. Peu influent dans l'entrejeu, il a, à l'image de toute son équipe, énormément déçu. Encore jeune, il aura cela dit la possibilité de se rattraper dans l'avenir.
Meilleur match du tournoi :
Il y en a eu pas mal d'empoignades attrayantes, ayant fait le bonheur des spectateurs de cette compétition. Mais si il n'en fallait retenir qu'une seule, le quart de finale entre le Cameroun et la Tunisie (3-2) mériterait notre dévolu. Tout y était : le spectacle, le suspense et les buts. De quoi regretter même qu'il y eu un perdant.
Le pire du match de tournoi :
L'affrontement entre le Nigeria et le Mali, en premier tour dans le cadre du Groupe B, a été si soporifique que les spectateurs ayant pris place dans l'enceinte de Sekondi Sports ont plongé dans une véritable léthargie. Piètre dans tous ses aspects, cette partie est à mettre aux oubliettes.
But du tournoi : Sulley Muntari (Ghana – Guinée)
De très beaux buts ont été marqués durant cette compétition. Celui de tunisien Traoui contre le Sénégal, celui de l'Angolais Manucho face à l'Egypte, celui de l'Egyptien Zidan face au Cameroun font partie des meilleurs. La réalisation de Sulley Muntari, le milieu des Black Stars, contre la Guinée est celle qui nous a cependant le plus séduit, d'autant plus qu'elle fut décisive.
La déception chez les sélections : Sénégal
Incapables de franchir le premier tour, les Lions de Teranga sont aujourd'hui à des années lumière du Mondial 2002, qui les a vu atteindre le cap des quarts de finale. Niang et ses coéquipiers sont passés à coté de leur sujet, perdant notamment contre l'Angola. Cette sortie ratée a déjà eu pour répercussion le limogeage de Henri Kasperczak, le sélectionneur. Espérons que d'ici 2010, cette sélection, qui n'a jamais remportée la CAN, pourra s'en remettre et retrouver un peu de sa splendeur d'antan.
La bonne surprise : Angola
Sur la lignée de leur Mondial 2002, les Palencas Negras ont rendu une très belle copie à l'issue de cette CAN 2008. La sélection de Gonçalves a fait montre de maturité durant ces sorties et aurait probablement mérité autre sort que de se faire éliminer dès les quarts de finale. Impériale contre le Sénégal, l'Angola semble avoir beaucoup progressé. De bonne augure en vue de la CAN 2010, qu'elle aura l'honneur d'accueillir.
Equipe type :
Gardien : Kamenie (Cameroun)
Défenseurs : Geremi ( Cameroun), Yobo (Nigeria), Hani Said (Egypte), Boka (Cote d'Ivoire)
Milieux : Essien (Ghana), A. Song (Cameroun), Zé Kalanga (Angola), Aboutrika (Egypte)
Attaquants : Zaki (Egypte), Manucho (Angola)