Le club londonien de Tottenham FC s'est adjugé dimanche la Coupe de la Ligue anglaise, en venant à bout de Chelsea (2-1 a.p.) à Wembley. Les Spurs n'ont pas volé leur succès, ayant tenu la dragée haute aux Blues tout au long de la rencontre, et méritent donc amplement leur toute première consécration depuis 1999.
Il aura fallu une attente longue de neuf ans aux supporters de Tottenham pour voir leur équipe ajouter une nouvelle ligne à son palmarès. En effet, depuis que Ginola et Cie s'étaient imposés en 1999 sur Leicester City (1-0), ce club londonien n'avait plus rien remporté. Une période qui fut difficile à vivre, surtout que les deux voisins d'en face, Arsenal et Chelsea, n'arrêtaient pas eux de garnir leur musée. La traversée du désert s'est achevée aujourd'hui pour les Spurs, avec ce sacre en finale de la Carling Cup. Comme un symbole, pour redorer leur blason, ils ont du se défaire de leurs ennemis jurés, Arsenal, en demi-finale, puis Chelsea, en finale. Les fidèles de White Harte Lane peuvent enfin jubiler.
Avec une équipe faisant très fière allure sur le papier, la formation de Juande Ramos a abordé la rencontre avec la ferme intention de ne pas se laisser impressionner par l'opposition. Un duo d'attaque composé de Berbatov et de Robbie Keane, un milieu de terrain où figuraient Zokora, Jenas et Lennon, sans oublier les deux français Steed Malbranque et Pascal Chimbonda, n'avaient effectivement rien à envier à Drogba, Essien, Lampard, Carvalho, Terry et autres. Un état de faits qui s'est vérifié dès les premières minutes de la partie avec une entrée en matière particulièrement brillante des Spurs. Lors des dix premières minutes, ils ont manqué à deux repris de prendre les devants. A la 8e, une tête de Chimbonda, sur un corner, et repoussé par le poteau, puis à la 10e, Berbatov, devançant Belletti sur un centre de Robbie Keane, plaçait une belle tête, qui passa juste à côté du cadre. Sur sa lancée, Tottenham a monopolisé le cuir tout au long de la première demi-heure de la partie, parvenant de la sorte à tenir à distance les Blues. Ces derniers, manquant d'inspiration, ne semblaient à aucun moment être en mesure d'inquiéter Paul Robinson. A la 27e, ils remerciaient d'ailleurs Cech, auteur d'un sauvetage sur une frappe de Malbranque. Néanmoins, probablement touchés dans leur orgueil, les hommes d'Avram Grant se sont rebiffés et leur réveil fut productif, contrairement à la domination stérile de Tottenham en début de match. Après un tir de Lampard, dévié par Woodgate, Didier Drogba, particulièrement motivé avant cette finale, se charge de transformer victorieusement un coup franc suite à une faute de son compatriote Didier Zokora. Son essai, parfaitement enroulé, fit mouche. Tottenham ne méritait certainement pas un coup du sort. Heureusement, cela ne découragea en rien les Spurs. En fin de première période, ils se sont encore une fois montré à deux reprises menaçants. Keane mettait à contribution Petr Cech juste après l'ouverture du score, puis à la 43e, Berbatov oublie de frapper alors qu'il s'est retrouvé seul face au gardien des Blues. A la mi-temps, et un peu contre le cours de jeu, Chelsea menait au score.
Au retour des vestiaires, Tottenham se vit confronté à un dilemme : essayer de marquer à tout prix ou bien rester calme, repousser le danger et profiter des moindres erreurs adverses. Au vue du premier quart d'heure de ce second acte, c'est plutôt la 2e option qui a été choisi par les hommes de Juande Ramos. Moins percutants, ils se montraient plus prudents malgré le retard au tableau d'affichage. Chelsea, par l'intermédiaire de Wrigh-Phillips (62e) puis par Anelka (64e) chercha à profiter de ce relâchement pour inscrire le but du KO, mais c'était sans compter sur la vivacité de Robinson et la défense irréprochable de Ledley King. A la 68e, comme ce fut le cas en première mi-temps, ce à quoi on s'attendait le moins s'est produit. Alors qu'ils paraissaient être en plein doute, les Spurs obtenaient un pénalty, suite à une main de Wayne Bridge dans la surface. Dimitar Berbatov n'a pas manqué son face à face avec Cech, égalisant pour son équipe. Les pendules ayant été remises à l'heure, la partie fut relancée. Revigoré par le but de l'international bulgare, Tottenham finissait mieux la rencontre. Et si ce n'est le manque flagrant d'efficacité dont a fait preuve Zokora à la 80e, puis le sauvetage de Cech sur un enchaînement contrôle-frappe de Berbatov, les prolongations auraient été évitées.
Les deux équipes ont donc été appelées à disputer une demi-heure de jeu supplémentaire dans le but de se départager et ne pas laisser leur sort dans les mains de la loterie. Tottenham, visiblement transcendé par l'égalisaiton, eut la bonne idée de marquer dès la 93e minute. Sur un coup franc de Jenas, l'ancien défenseur de Middlesbrough reprenait le cuir de la tête que repoussa Petr Cech. Il était le plus à même à le reprendre une seconde fois, et le fit sans trembler, offrant pour la première fois l'avantage à son équipe. Dans les tribunes de Wembley, ce fut l'explosion de joie chez les supporters des Spurs. Sonné, Chelsea ne parvient pas à repartir de l'avant. Les Blues ont attendu les dix dernières minutes pour le faire. Malheureusement pour eux ils se sont heurtés à un Robinson en état de grâce. Le portier de la sélection anglaise était d'ailleurs le plus heureux des hommes lorsque l'arbitre entonna le coup de sifflet final.
Chelsea n'a donc pas eu l'honneur de s'adjuger sa deuxième Carling Cup consécutive, la faute à une équipe de Tottenham probablement plus motivée. Les Spurs, qui avaient débuté la saison sur la pointe des pieds, retrouvent ainsi les sommets du football anglais. La venue de Juande Ramos, en lieu et place de Martin Jol, n'y est pas innocente. Leur campagne n'est cependant finie. Ils seront l'un des favoris pour remporter la Coupe de l'Uefa et doivent se ressaisir en championnat, où ils occupent pour l'instant la 11e place du classement.