Incapables de se départager à l'occasion de leurs deux duels de la semaine dernière, Liverpool et Arsenal sont appelés à se croiser une troisième fois ce mardi, en match retour des quarts de finale de la Ligue des Champions. Cette belle soirée européenne aura pour théâtre le mythique stade d'Anfield
Après nous avoir gratifié de deux empoignades riches en spectacle et en temps forts, les Reds et les Gunners ont pour devoir de nous gratifier d'un autre grand face à face, ce soir, et faire ainsi honneur à leurs statut communs de candidats au trône européen. Connaissant les deux équipes, l'on ne peut qu'être confiant en ce sens. Le fief d'Anfield sera tout à l'heure rempli de joueurs de qualité, qui ne penseront qu'à aucune chance : faire gagner leur équipe. Autrement dit, l'ingrédient primordial à un passionnant affrontement continental.
Etant parvenu à ramener un nul d'Emirates Stadium, Liverpool aborde ce match dans une position plus confortable que celle de son adversaire. Les quintuples champions d'Europe, tombeurs de l'Inter Milan, passeraient en cas de victoire ou de match nul et vierge. « Oui, un 0-0 pourrait nous suffire, mais on préfère gagner et on préfère marquer, car on sait qu'Arsenal peut aussi marquer à l'extérieur » a rassuré le manager Rafael Benitez. S'ils ont les statistiques avec soi, les Reds ont également l'expérience et l'avantage du terrain qui plaident en leur faveur. A domicile, rares ont été les fois où les Merseysiders ont déçu à l'occasion d'un match retour de Coupe d'Europe. Chelsea, l'autre club anglais qui a eu à les affronter ces dernières années en C1, pourra en témoigner. Avec un public des plus fidèles, mais aussi des plus passionnés du Continent, les protégés de Benitez auront le grand privilège d'évoluer à douze. Même s'ils savent qu'ils ne marcheront pas seuls, quel que soit le résultat, Gerrard et compagnie auront à c½ur d'offrir une qualification à leurs supporters. L'absence de Jermaine Pennant (adducteurs), ou celles de Daniel Agger et Harry Kewell, ne devraient pas leur être trop préjudiciables. Le onze aligné à l'aller pourrait même être reconduit, à moins que Rafa ne décide de lancer Peter Crouch, dont le rendement samedi en championnat a été très brillant. En apparence, Liverpool a donc tout pour négocier avec succès ce quart de finale, et prouver d'une certaine manière qu'il reste le club anglais le plus performant sur la scène européenne.
Dans son histoire, Arsenal n'a jamais eu la chance de soulever la Coupe aux grandes oreilles, celle que tous les grands clubs ont remporté. Il y a deux ans, les Londoniens ont failli y parvenir, mais en finale ils se sont heurtés à une Barça en état de grâce. A Londres depuis douze ans, Arsène Wenger sait donc parfaitement ce qui lui reste à accomplir pour gagner d'une manière définitive le c½ur des fans. « Si je n'y croyais pas, je ne serai pas là » a d'ailleurs martelé le technicien alsacien. Après avoir fait chuter le Milan AC, le tenant du titre, trois manches sont encore à franchir avant une éventuelle délivrance. Et celle qui se présente ce mardi n'est peut-être pas la moindre d'entre elles pour les Gunners. Aller gagner à Liverpool est tout sauf une partie de plaisir. C'est pourtant ce que Fabregas et consorts devront pourtant le faire s'ils veulent croire en leur rêve. Le milieu espagnol a déjà joué 41 matches de saison. Sa productivité récente laisse à désirer, mais Wenger a la conviction que le jeune Catalan va encore sortir un grand match : « il en a encore sous le pied, je n'en doute pas une seconde ». Pour espérer éliminer les Reds sur leurs terres, les joueurs de la capitale anglaise pourront compter sur le revenant Robin Van Persie, remis de sa blessure à la cuisse, et Abou Diaby. En revanche, ils auront encore à se passer des services de Tomas Rosicky, indisponible jusqu'à la fin de la saison, et de Bakary Sagna. Pour le reste, l'équipe sera au complet, déterminée à plus d'un titre à réaliser un grand coup.
La seule fois où Liverpool et Arsenal ont eu à s'affronter en Coupe d'Europe, c'était la semaine dernière lors de la première manche de ce quart (1-1). Toutefois, il est à préciser que les deux équipes ont déjà eu à se mesurer à un concurrent anglais en match européen. A ce titre, Liverpool ne compte d'ailleurs qu'une seule défaite, elle est survenue il y a 37 ans en Coupe de l'Uefa face à Leeds. Concernant Arsenal, il n'a jamais gagné contre un club de Premier League dans le contexte en question. Il y a trois ans, les Gunners se sont d'ailleurs fait éliminés de la Ligue des Champions par Chelsea. Après avoir fait match nul (1-1) à l'aller, ils ont perdu 2-1 au retour. « On devra tirer leçon de cet échec si on veut battre Liverpool » a déclaré Wenger.